Décidons

J’ai du mal à prendre des décisions.

Depuis longtemps, quand arrive le moment de faire un choix, je balance, j’hésite, je ne sais pas quoi dire. Ce qui est très bien quand on doit faire un choix éclairé, est un vrai handicap dans la vie de tous les jours. Café ou mocha ? On va chez machin ou chez truc ? Quel restaurant ce soir ?

Des questions qui trouvent souvent pour réponse un légendaire « comme tu veux » (avouez qu’il est d’utilité publique), ce qui a le don d’exaspérer mon Nhom. Et ma meilleure amie. Je les comprends, j’ai la même réaction quand ils l’utilisent. On pourrait croire que c’est un manque de personnalité, une incapacité à ne pas suivre les décisions des autres ; honnêtement c’est souvent que je n’ai aucun avis sur la question, alors pourquoi en imposer un quand tout me va ? Mais du coup tout ça conduit à se laisser un peu porter, laissant passer des occasions sans savoir dire oui ou non.

Et puis parfois, je décide.

Quand j’ai décidé de faire médecine, sans que personne ne s’y attende.

Quand j’ai décidé de m’engager en associatif, et que j’y ai plongé la tête la première jusqu’au bout des ongles.

Et puis, tout récemment, quand j’ai décidé de partir à New-York pour deux mois de stage ; malgré l’opposition de certaines des personnes qui comptaient le plus pour moi ; malgré le sentiment d’abandonner (un peu) les miens ; malgré le fait que moi et mon anglais, on n’était pas les plus au niveau pour ce stage.

Je ne regrette pas ce choix là : cela fait plus d’un mois que je suis ici à New-York, et j’ai pu découvrir une façon de pratiquer la médecine différente, pas si éloignée que ça de la notre mais tout de même bien surprenante par moment! J’ai découvert la chirurgie (il était temps…), la pédiatrie, la clinique pratiquée ici, tout ça en même temps, et en anglais … ce qui n’est pas aussi aisé qu’on l’aurait pensé. J’ai complété mon puzzle, un peu, et oublié beaucoup d’autres bouts qu’il va falloir ré-apprendre l’été passé.

Et, évidemment, j’ai pu découvrir, profiter de cette ville folle (mais alors, totalement) que je ne connaissait pas du tout, seule et à deux, ou même en bande. Faire des sorties que je ne ferais jamais chez moi, oser dire oui à un restau improbable, oser partir sans autre idée que celle de profiter. Faire des erreurs et se retrouver à s’arracher la bouche au piment sans le savoir, tomber sur une perle et admirer un coucher de soleil la vue sur Manhattan, avant d’avoir le meilleur burger de sa vie (on est quand même aux US hein).

Rencontrer des gens, un peu,vers qui je ne serais pas forcément allée en d’autres circonstances ; amasser des histoires aussi, pour ceux que j’ai laissé en France. En créer des nouvelles avec ceux qui viennent. Etre ici et découvrir avec mon Nhom. Changer de point de vue, et s’enrichir un peu.

Je ne décide pas souvent ; mais je suis heureuse des décisions prises.

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A propos asadoc

Jongleries d'une étudiante en médecine, un peu AS sur le bords...
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