Apnée

La nuit est mal partie. Trop chaud, trop froid, sans réussir à dormir mais trop fatiguée pour se lever ; sachant qu’il faut s’endormir et donc y réussissant encore moins. La boule au ventre n’aide pas, néanmoins.

5h, le réveil sonne ; deux heure avant le début, il faut ce qu’il faut, même avec une demi-heure de trajet, pour réussir à se lever. Pas de mal cette fois ci, le sommeil était déjà parti. On respire, on sort du lit.

5h45, douchée, la tête dans le café : les infos du matin, les mêmes que celles d’hier à minuit ; toujours aucune envie d’y aller. On ne peut pas appeler, dire que finalement on ne peut pas venir? Non, ça ne va pas être possible, ça ne se fait pas, il y a équipe-trop-cool qu’on ne peut pas laisser tomber. Même si c’est pour aller dans Service-Psy-Pas-Cool.

Tartines trainantes devant l’ordi ; quand même, pas envie. Rappel de la dernière fois, du dernier accident en date : l’ambulance qui était partie, pas avec un patient, mais avec une collègue. L’avant-dernière, l’infirmier se vantant fièrement de ses fractures cervicales acquises dans le service. Le souffle accéléré en vidant la table.

6h20, départ, la clé tourne ; c’est parti pour les transports en commun. Le premier, un, deux, trois, six arrêts ; changement vers le suivant. Après tout on va aussi revoir Madame Michou, elle voudra encore maquiller tout le service avec ses merveilles de toutes les couleurs ; et Madame Couture, qui nous racontera toutes ses années dans les grandes maisons du style. Respire, tout ira bien.

L’odeur qui assaille, reste de clochards ou de fêtard s’étant soulagés sur le trottoir ; la première apnée de la journée. Finalement la rue c’est comme l’hôpital parfois. 6h45, à force de traîner on va être en retard.

Fin du deuxième trajet, il faut presque courir dans la rue en pente menant à Vieil-Hôpital. Le souffle court, 6h58, arrivée à l’entrée ; signer le registre, prendre sa tenue, direction Service-Psy-Pas-Cool. On se calme, tout se passera bien aujourd’hui ; l’infirmier gentil a promis qu’il serait là ce jour-ci.

Sourire, premier étage, première à gauche, mon service pour la journée ; la dernière inspiration, un peu la boule au ventre, tout en sachant que tout ira bien. Après tout ce service je le connais.

« Bonjour, je m’appelle Asa, je suis l’aide-soignante vacataire pour aujourd’hui. »

La journée peut commencer.

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Jongleries d'une étudiante en médecine, un peu AS sur le bords...
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